Indre-et-Loire - Christian Girault
Indre-et-Loire

Indre-et-Loire, histoire riche…

Loches est une princesse racée, royale cité. Le petit roi de Bourges pouvait y aimer sa Dame de Beauté, Agnès Sorel (beauté car jolie, mais surtout parce qu'elle était propriétaire du domaine de Beauté). Une autre dame, cuirassée et ayant bouté l'ennemi hors d'Orléans, vint auparavant en faire un roi de France, du nom de Charles VII. Mais il subsiste aussi ici le donjon brut de Foulques Nerra. Sombre carcasse où Louis XI mettait en cage son adversité.
Voici le jour neuf de Candes-Saint-Martin, translucide d'un lever de Loire. Voici la guirlande de châteaux au nord de la Loire : Gizeux, Marcilly-sur-Maulne, Champchevrier, Poillé, Luynes. Voici le petit trésor de Montrésor et encore des châteaux : Biard-la-Chapelle et Montpoupon. Le Cher est doux sous les arches. Catherine de Médicis y voit une grande galerie, et le pont se transforme. Domaine du rêve, atours féminins. Déjà Henri II l'avait offert à sa favorite, Diane de Poitiers, pour la naissance des arches. Les deux femmes se détestent, le château embellit. Des femmes encore : Catherine Briçonnet l'initiatrice, Louise de Lorraine en héritage, Marie Stuart à l'âge de dix-huit ans et aussi Louise Dupin qui y tint fréquemment salon. Chenonceau, peut-être le plus beau pont au monde.
Langeais nous invite au mariage. La table est mise pour la profusion de la noce. C'est une délégation d'importance qui assiste l'union d'Anne de Bretagne et de Charles VIII. C'est une manœuvre politique pour la possession de la terre de Bretagne. La géométrie de la nature dessine Villandry, à satiété, jusqu'à l'éblouissement du kaléidoscope. Et même fruits et légumes sont acteurs de couleur. C'est la Renaissance, décrite en multiples jardins. A Ussé, la forêt épaisse dort derrière le château. Une belle aussi s'endort dans les contes de Perrault pour l'éveil d'un prince et Châteaubriand plante les cèdres de l'amour. Charles VII vint y brûler l'édifice initial : le bel escalier enroule les salles d'Azay, rideau de dentelle de pierre. Château de roi pour un financier, avant sa disgrâce. Honoré de Balzac, "galérien de plume et d'encre", fixa le lys dans le val de Saché.
Jeanne d'Arc avait une première fois rencontré le roi de Bourges sur la hauteur de Chinon. La grande cheminée, aujourd'hui à ciel ouvert, s'en souvient. La restauration a relevé les ruines, les a couvertes d'ardoises. Et la visite est moderne de ses projections et de ses écrans tactiles.
Au Clos-Lucé, Léonard de Vinci code les inventions, reconstituées en maquette aujourd'hui. Riche de son art et de ses découvertes, il peut rendre l'ultime soupir de la vieillesse dans les bras d'un roi haut de deux mètres. Roi qui régnait en partie à Amboise, à un kilomètre de là, mais dont le château ne porte guère la trace. Le château actuel n'est qu'un fragment le l'imposant palais qu'il fut naguère. Si le jeune Charles VIII s'y fracasse le front sur un linteau, le roi se meurt. Il eut toutefois le temps de voir Naples et ce qui s'appelait la Renaissance. Plus tard, la large spirale de la tour des Minimes faillit faire flamber le carrosse de Charles Quint, en visite officielle chez François 1er.

(Ces photos sont datées de 2012)


Indre-et-Loire, rich history ...

Loches is a distinguished princess, royal city. There, the little King of Bourges could love his lady of Beauty, Agnès Sorel (beauty as beautiful, but also because she was the owner of the estate of Beauty). Another lady, armored and having kicked the enemies out of Orleans, came before to turn him into a king of France, with the name of Charles VII. But there is also here the rough dungeon of Foulques Nerra. Dark frame where Louis XI put in cage his adversity.
Here is the new day of Candes-Saint-Martin, a translucent raise of river Loire. Here is the garland of chateaux north of the Loire: Gizeux, Marcilly-sur-Maulne, Champchevrier, Poillé, Luynes. Here is the little treasure of Montresor and some castles again: Biard-la-Chapelle and Montpoupon. River Cher is soft under the arches. Catherine de Medici sees a large gallery, and the bridge turns. Territory of dreams, feminine fineries. Henry II had already offered it to his favorite, Diane de Poitiers, the birth of the arches. The two women hate themselve, the castle enbellished. Some more women: Catherine Briçonnet the initiator, Louise de Lorraine inheritance, Mary Stuart at the age of eighteen years and also Louise Dupin who frequently held salon there. Chenonceau, perhaps the most beautiful bridge in the world.
Langeais invites us to marriage. The table is set for the profusion of the wedding. This is an important delegation attending the union of Anne de Bretagne and Charles VIII. This is a political game for the possession of the land of Brittany. The geometry of nature draws Villandry, one's fill, until the amazement of the kaleidoscope. And even fruits and vegetables are actors of color. It was the Renaissance, described in many gardens. A Ussé, the thick forest sleeps behind the castle. A nice lady also sleeps in the tales of Perrault waiting the awakening of a prince and Chateaubriand plants the cedars of love. Charles VII came to burn the original building: the staircase winds rooms of Azay-le-Rideau, lace curtain of stone. A castle of king for a financier before his disgrace. Honoré de Balzac, "galley slave of quill and ink", fixed the lily in the valley of Saché.
Joan of Arc had first met the King of Bourges on the height of Chinon. The large fireplace, open today, still remembers. Restoration picked ruins up, covered them with slate. The visit is modern with its projections and its touchscreens.
At Clos-Lucé, Leonardo da Vinci codes inventions, reconstructed into models today. Talented in art and discoveries, he died in the arms of a two meters high king. King who reigned partly in Amboise, one mile away, but the castle bears little trace. The current castle is only a fragment of the imposing palace it once was. If the young Charles VIII smash the head on a lintel, the king dies. He had, however, time to see Naples and what is called the Renaissance. Later, the large spiral tower of Minimes almost burn the carriage of Charles V, on an official visit to François 1er.

(These pictures were taken in 2012)